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Pathologie méniscale

 

  • La pathologie méniscale est le plus souvent en rapport avec la dégénérescence chondro-myxoïde du cartilage, mais peut aussi survenir après traumatisme sur le ménisque sain du sujet jeune.
    L'IRM permet son étude de manière non invasive avec des résultats variant dans la littérature entre 82 et 97 % pour la sensibilité de 57 et 98 % pour la spécificité.
    Les résultats sont cependant différents pour le ménisque interne et pour le ménisque externe.
    La plupart des séries retrouvent 85 à 95 % de précision diagnostique.

 

1. Dégénérescence :

 

  • La dégénérescence physiologique donne des anomalies de signal IRM au sein du ménisque, corrélées à des lésions histologiques de transformation chondroïde ou myxoïde.
    Surtout visibles sur les séquences pondérées en T1, il s'agit bien de modifications de la structure du ménisque et non d'un trappage de liquide synovial.
    Fréquentes, même chez les sujets jeunes, et asymptomatiques, ces anomalies peuvent se présenter comme un hypersignal central punctiforme ou nodulaire (grade 1) ou un hypersignal linéaire à distance des bords du ménisque atteignant parfois sa base (grade 2).
    Indécelables en arthroscopie, ces lésions dégénératives ne sont pas traitées.
    Il n'est pas prouvé que ces lésions évoluent vers la rupture ; elles pourraient même régresser dans certains cas.

 

2. Ruptures :

 

  • Les lésions de grade 3, atteignent au moins une des surfaces méniscales ; habituellement considérées comme des ruptures méniscales, elles ne sont pas rares (10 à 20 %) chez les sujets de plus de 50 ans et sont souvent asymptomatiques, surtout au niveau de la corne postérieure du ménisque interne.
    L'interprétation doit donc tenir compte de la lyse et de la symptomatologie.

  • Il n'est pas toujours facile de bien différencier les grades 2 et 3.
    La réalisation de coupes fines dans les différents plans permettra de lever les ambiguïtés.
    On peut aussi s'aider de l'évolution de l'intensité du signal en périphérie du ménisque : le signal augmente en périphérie dans une fissure vraie (grade 3) alors qu'il diminue dans un grade 2.

  • Un hypersignal linéaire atteignant une des faces articulaires du ménisque (grade 3) et les hypersignaux complexes (grade 4) signent la rupture méniscale.

  • L'examen IRM devra en outre préciser la localisation de la rupture sur le ménisque, la face atteinte, sa direction (verticale, horizontale ou oblique), sa disposition par rapport à l'axe général du ménisque (radiaire ou longitudinale), l'importance de la rupture (totale ou partielle) et enfin l'existence d'une anse de seau ou d'une languette luxée.

  • La reconnaissance de signes indirects peut aider dans les cas où le diagnostic est difficile : petit décroché de la surface méniscale, ménisque "en double ton", en rapport avec un artéfact de volume partiel quand la fissure est oblique par rapport au plan de coupe.
    Un élargissement de la jonction capsulo-méniscale doit faire suspecter une désinsertion, surtout s'il existe un décalage du ménisque supérieur de 5 mm par rapport au plateau tibial (signe peu sensible mais très spécifique).
    Une anse de seau et une languette méniscale luxée peuvent ne se traduire que par la présence d'un ménisque bref, tronqué, émoussé qui peut parfois garder sa forme triangulaire.
    La languette luxée de la corne postérieure du ménisque interne peut donner un aspect de doublement du LCP : elle donne un hyposignal parallèle au LCP et situé en avant de lui.
    La désinsertion complète de la corne postérieure permet sa luxation antérieure qui donne un aspect de méga-corne antérieure et de vide postérieur de l'interligne tibio-fémoral.

  • De nombreux faux positifs et faux négatifs, de rupture méniscale peuvent être dus aux artéfacts venant de la technique IRM ou des dispositions anatomiques spécifiques aux ménisques.
    Une bonne connaissance des pièges classiques améliore les performances diagnostiques.
    Les faux négatifs les plus fréquents concernent les petites ruptures de la corne postérieure du ménisque externe.
    On peut se demander ainsi si certains faux positifs en IRM ne correspondent pas à des faux-négatifs de l'arthroscopie, notamment pour la corne postérieure des ménisques dont l'exploration est très difficile par les voies d'abord antérieures habituellement utilisées.

 

Artéfacts techniques

 

  • Une rupture est d'autant mieux visible que l'axe de la coupe est perpendiculaire à l'axe de la lésion.
    Si la rupture est située dans le plan de coupe, elle ne sera pas visualisée, d'où la difficulté du diagnostic IRM des fissurations radiaires et la nécessité d'acquérir au moins deux plans de coupe orthogonaux.
    Si la rupture est oblique des artéfacts de volume partiel peuvent aussi masquer la lésion.
    Dans les cas difficiles il faudra s'aider de séquences plus sensibles (T2*) ou d'acquisitions volumiques 3D qui permettront des reconstructions multiplanaires.

  • Des artéfacts de troncature, de mouvement ou de repliement peuvent donner des hypersignaux linéaires qui ne devront pas être confondus avec une fissure méniscale.
    Théoriquement ces hypersignaux sont de faible intensité, sortent du ménisque et sont parallèles aux structures à leur origine.
    L'utilisation de matrices plus fines ou de champs de vue plus grands permet de les éliminer.
    Le phénomène de "l'angle magique" peut lui aussi créer un hypersignal artéfactuel dans le ménisque normal.

 

Artéfacts d'origine anatomique

 

  • Des particularités anatomiques sont à l'origine d'hypersignaux, notamment au niveau de la base du ménisque et peuvent poser des problèmes diagnostiques avec des désinsertions méniscales complètes ou partielles, surtout si le ménisque n'est pas déplacé.
    Ainsi, l'absence d'accolement de la base du ménisque externe à la capsule articulaire, la présence du tendon du muscle poplité qui croise la corne postérieure du ménisque externe de bas en haut et de dedans en dehors, l'artère articulaire disto-latérale qui chemine entre la base du ménisque externe et le ligament latéral externe, la vascularisation de la base des ménisques, la présence de récessus synoviaux ou d'interfaces graisseuses entre la base du ménisque interne et la capsule à laquelle il est accolé, sont autant de causes d'images pièges.

  • Les accolements aux ménisques du ligament transverse ou jugal tendu entre les deux cornes antérieures, et les ligaments ménisco-fémoraux postérieur et antérieur insérés sur la corne postérieure du ménisque externe peuvent mimer une fissure.
    De faibles quantités d'air dans l'articulation ou des calcifications méniscales gênent l'interprétation.
    Enfin, il existe une augmentation globale du signal méniscal au décours immédiat d'un exercice prolongé.

 

Fissure horizontale typique de la partie moyenne du ménisque interne sur une séquence en écho de gradient T2.

 

Modifications de la corne postérieure du ménisque interne en séquence écho de spin T1 : grade 1.

 

Modifications de la corne postérieure du ménisque interne en séquence écho de spin T1 : grade 2.

 

Lésions de la corne postérieure du ménisque interne de grade 3.
Coupe coronale en flash 2D T1.

 

Coupe sagittale en écho de spin T2
montrant un grade 4.

 

Fissure complète avec anse de seau sur le ménisque interne.
Coupe frontale en écho de spin T1, fragment en place.

 

Fissure complète avec anse de seau sur le ménisque interne.
Coupe sagittale montrant l'anse de seau luxée dans l'échancrure.

 

3. Ménisque opéré :

 

  • Farley décrit la persistance presque constante d'hypersignaux de grade 3 en T1 après suture ou méniscectomie partielle.
    L'IRM ne peut différencier sur cette séquence la récidive fissuraire de la cicatrice fibreuse.
    Par contre lors des récidives, un hypersignal T2 est retrouvé avec une sensibilité de 60 % et une spécificité de 92 %.
    Ceci est toutefois à modérer en fonction de l'importance de la résection méniscale, avec de meilleurs résultats si l'importance de la résection méniscale est inférieure à 25 %.
    L'IRM est donc un examen peu sensible et certains lui préfèrent encore l'arthrographie opaque, du moins en l'absence d'arthro-IRM au gadolinium, non encore autorisée en France.

 

4. Kystes méniscaux :

 

  • Ils sont trois fois plus fréquents au niveau du ménisque externe que du ménisque interne.
    Ils sont en rapport avec le passage de liquide synovial au travers d'une fissure méniscale habituellement horizontale.
    Ils se situent le plus souvent entre le ligament latéral externe et la bandelette ilio-tibiale où se situe une zone de faiblesse, à la jonction ménisco-capsulaire.
    Ils peuvent migrer vers la graisse infrapatellaire ou l'échancrure intercondylienne.
    Ces kystes se présentent sous la forme d'une lésion bien limitée, le plus souvent de signal intermédiaire en T1 (contenu protéique) et en franc hypersignal en T2.
    Ils ne comportent habituellement pas de septa mais des cloisons internes ont été décrites.
    Ils sont à l'origine d'un syndrome méniscal.
    Leur récidive est fréquente même si la fissure méniscale à leur origine a été réparée.

 

Kystes méniscaux en écho de spin T2, à développement intraméniscal.

 

Kystes méniscaux en écho de spin T2, à développement extra méniscal.

 

5. Les ménisques dysplasiques :

 

  • Il s'agit d'une pathologie relativement fréquente puisqu'elle représente 5 % de la population adulte et 10 % de la population infantile.
    Elle siège plus fréquemment sur le ménisque externe.
    Le diagnostic IRM se fait devant un ménisque anormalement large, ayant une épaisseur d'au moins 2 mm de plus que le ménisque opposé, et qui fait plus de 15 mm de large pour une normale d'environ 8 mm.
    On en distingue deux types : les ménisques ronds "discoïdes" et les ménisques hyperplasiques mais qui gardent leur forme habituelle en croissant.
    Ces ménisques sont fréquemment l'objet d'anomalies de signal de grade variable et se fissurent dans 50 à 92 % des cas.
    Ils peuvent s'associer à des kystes poplités et méniscaux.

 

Ménisque externe discoïde.
 Le ménisque recouvre la totalité du plateau tibial externe sur une coupe coronale passant par la partie moyenne de l'articulation.

 


 

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Date de dernière mise à jour de cette page :
dimanche 12 décembre 1999